De causes à effets ???........

Publié le par pdf95

Accident mortel de Villiers-le-Bel : un policier renvoyé en correctionnelle

Un policier a été renvoyé jeudi en correctionnelle pour homicide involontaire après l'accident entre un véhicule de police et une moto dans lequel deux jeunes sont morts en 2007 à Villiers-Le-Bel (Val-d'Oise), suscitant deux jours d'émeutes.


 
Photographe : Martin Bureau :: Photo de la voiture de police le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel ayant percuté une moto sur laquelle se trouvaient deux juenes gens. 

Le procès du policier, qui conduisait le véhicule entré en collision avec la moto des deux adolescents, se tiendra devant le tribunal correctionnel de Pontoise, à une date qui n'a pas encore été fixée.

La mort, le 25 novembre 2007, de Moushin et Lakamy avait entraîné deux jours d'émeutes et d'échauffourées entre jeunes et forces de l'ordre à Villiers-le-Bel.

"C'est une décision qui ira dans le sens de la paix et de la réconciliation", a déclaré à l'AFP Me Jean-Pierre Mignard, tout en déplorant "une gestion calamiteuse" de cette affaire par les pouvoirs publics qui ont, selon lui, "embrasé la cité" en tardant à désigner un juge d'instruction.

L'ouverture d'une information judiciaire avait été annoncée par Nicolas Sarkozy fin novembre 2007, quatre jours après l'accident qui avait été suivi d'une flambée de violence, au cours desquelles une centaine de policiers avaient été blessés par des tirs d'armes à feu.

Ces violences avaient fait craindre une répétition des émeutes qui avaient embrasé les banlieues françaises à l'automne 2005.

"Nous sommes convaincus que si un juge avait été désigné tout de suite, les violences auraient pu être évitées, les policiers qui ont été blessés (lors des émeutes, ndlr) ne l'auraient pas été", a affirmé Me Mignard.

Revenant aussi sur le non-lieu accordé en avril aux policiers au terme de l'enquête sur la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois en 2005, Me Mignard a estimé que ces deux affaires posaient "la responsabilité de la gestion de l'ordre public dans les cités sous le règne de Nicolas Sarkozy".

"Sans gyrophare ni avertisseur"

L'enquête sur la collision mortelle à Villiers-le-Bel menée par le parquet de Pontoise avait semblé écarter toute responsabilité des policiers. Une ordonnance de non-lieu avait été rendue par un juge d'instruction de Pontoise le 23 octobre 2009, mais les familles avaient fait appel.

En avril 2010, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles avait infirmé ce non-lieu et ordonné un supplément d'information mené par le président de cette même chambre. Une décision qualifiée de "rarissime" par Me Mignard à l'époque. C'est dans ce cadre que le policier, conducteur du véhicule en cause, a été mis en examen en octobre 2010.

S'appuyant sur le rapport d'expertise, l'avocat a souligné que la voiture de police était au niveau du carrefour en "phase Racaille.gifd'accélération et roulait à 64 km/h sans gyrophare, ni avertisseur", ajoutant que "le gardien de la paix n'a pas demandé de contre-expertise".

Concernant les tirs par armes à feu lors des émeutes qui ont suivi, quatre jeunes ont été condamnés en juin 2010 à des peines de 3 à 15 ans de prison par la cour d'assises de Pontoise. Pour trois d'entre eux, qui ont fait appel, un nouveau procès aura lieu du 4 au 21 octobre à Nanterre.

Deux hommes accusés de complicité dans l'incendie de la bibliothèque du quartier ont été relaxés en octobre 2010.

Des peines de prison de un à trois ans fermes avaient également été prononcées en première instance pour dix jeunes accusés de jets de projectiles sur la police. Deux d'entre eux ont eu leur peine allégée en appel.

Les agresseurs du commissaire, qui avait été roué de coups, n'ont pas été interpellés.

Trois policiers se suicident coup sur coup en région parisienne

Deux policiers se sont suicidés et un troisième est en état de "mort cérébrale" après un geste similaire jeudi matin, série survenue en quelques heures, fait extrêmement rare dans la police où la question du suicide est un sujet sensible, a-t-on appris de sources policières.


  
Photographe : Gerard Julien :: Une entrée de commissariat photo : Gerard Julien, AFP

Des enquêtes ont été ouvertes afin de déterminer la cause de ces suicides n'ayant pas de liens entre eux, de premières informations faisant état de "raisons et drames personnels" et non professionnels.

Selon les tout premiers éléments de l'enquête, un premier policier, un gardien de la paix en poste à la police judiciaire du Val-de-Marne, a mis fin à ses jours vers 8h00 "à l'aide de son arme de service dans une voiture banalisée", à Paris (XIXème), et était en fin de matinée "en état de mort cérébrale", selon les sources policières.

Un autre gardien de la paix en poste à la direction de l'ordre public (DOPC), a mortellement blessé son épouse chez lui à Chevilly-Larue (Val-de-Marne) vers 09H00, avant de retourner son arme contre lui. Il est décédé, ont ajouté ces sources, et aurait également utilisé son arme de service.

Le troisième suicide a eu lieu au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) où un autre gardien de la paix, en poste en région parisienne, s'est pendu chez lui vers 10H00.

Une réunion sur cette vague de suicides devait se tenir jeudi après-midi à la préfecture de police de Paris avec les syndicats de police, a-t-on appris de sources syndicales policières.

Selon ces sources, c'est "la première fois dans la police" qu'une telle vague survient "le même jour" et qu'elle semble "due au hasard".

La préfecture de police a déclaré à l'AFP qu'elle "prenait toute la mesure du problème" et a confirmé la tenue d'une réunion, sous l'égide du préfet Didier Martin, secrétaire général de l'administration policière. Elle a ajouté "comprendre l'émotion" et assuré qu'elle mettra en place "pour les familles ou les policiers qui le souhaitent un soutien psychologique".

Elle a confirmé que selon les premiers éléments d'enquêtes, ces suicides sont liés "à des difficultés d'ordre conjugal et privé".

Les suicides dans la police sont un problème récurrent, souvent tabou, ceux directement liés à des conditions de travail étant très rares, selon les études effectuées à ce sujet.

Une étude de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a fait valoir par exemple, en 2008, que le risque de suicide dans la police est supérieur de 36% à celui du reste de la population.

Cette étude confirmait qu'il y a chaque année entre 40 et 50 suicides de policiers et que les fonctionnaires passant à l'acte le font majoritairement avec leur arme de service.

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