Discours de Grenoble???Mdr......

Publié le par pdf95


Confidences d’un commerçant braqué !

Canal ER : Aujourd’hui nous avons le témoignage d’un commerçant qui travaille au milieu de la diversité.

Jean-François "qui fait du bien vivre ensemble"

 

Canal ER : Sans être trop précis, où se situe votre commerce ?

Jean-François : Mon commerce se situe en région parisienne.

Canal ER : Depuis environ combien d’années ?

Jean-François : Depuis 5 ans environ.

Canal ER : Pour des raisons de confidentialité nous ne décrirons pas le type de commerce.

Jean-François : Oui, d’accord.

Canal ER : Depuis 5 ans, avez vous vu évoluer le quartier où se trouve votre commerce ?

Jean-François : Evoluer, je ne sais pas si c’est le terme. En fait il a toujours été comme ça depuis que j’y suis.

Canal ER : Sur la localisation de votre commerce, celle-ci pourrait-elle être qualifiée de "zone tribale" ?

Jean-François : C’est un endroit où il y a régulièrement des violences qui sont commises contre les biens et les personnes. Il est en fait juste à la frontière entre ce que vous appelez une zone tribale et une zone commerciale et d’habitation classique.

Canal ER : Pourtant il y a encore une vingtaine d’années il est probable que cet endroit était encore la banlieue traditionnelle classique avec ses pavillons, ses ouvriers.

Jean-François : ...et ses champs aussi.

Canal ER : La banlieue comme on la retrouve dans les films des années Giscard en résumé, populaire mais encore française culturellement ?

Jean-François : Sans doute.

Canal ER : Vous décrivez l’endroit comme une zone d’insécurité, pouvez-vous nous parler des actes qui y sont commis et de leur fréquence ?

Jean-François : Des vols avec violence à répétition, des braquages de convoyeurs de fonds, des attaques de commerces, du trafic de drogue intense.

Canal ER : Et vous avez toujours rencontré des problèmes avec la population locale ?

Jean-François : je n’ai pas toujours de problèmes avec la population, mais souvent. Ça va de la simple altercation et des insultes au braquage

Canal ER : Et la situation empire je suppose.

Jean-François : Oui, on sent vraiment que les populations qui habitent ici se permettent de plus en plus de faire n’importe quoi.

Canal ER : Pourtant le gouvernement, la presse, tout le monde nous explique que la situation s’améliore.

Jean-François : D’accord, eh bien il faut qu’ils sortent de leurs bureaux et qu’ils viennent voir sur-place !

Canal ER : Vous avez été vous-même été victime de ces agressions ?

Jean-François : Oui, plusieurs fois.

Canal ER : Plus précisément ?

Jean-François : Plusieurs cambriolages et plusieurs attaques à main armée

Canal ER : Quelle fut la réaction de la police ?

Jean-François : En général assez rapide, et la dernière fois très rapide.

Canal ER : Les agresseurs ont-ils été interpellés ?

Jean-François : Jusqu’à présent, un qui a été pris dans une autre affaire avec quelque chose m’appartenant, et cette fois-ci un de mes agresseurs mais pour les autres aucun résultat.

Canal ER : Et au niveau judiciaire, quel résultat ?

Jean-François : Pour l’instant aucun, ou pas à ma connaissance.

Canal ER : Est-ce que le maire prend des mesures ?

Jean-François : Absolument pas. J’ai demandé plusieurs fois des aménagements comme une place de parking réservée à proximité de mon commerce mais en vain. La police municipale ne vient pas non plus faire des rondes

Canal ER : Couleur politique du maire ?

Jean-François : PS

Canal ER : Vous avez l’impression que vous êtes laissés à l’abandon de façon délibéré ou plutôt que les forces de polices sont débordées par l’ampleur de la tâche ?

Jean-François : Franchement je ne sais pas, mais je crois quand même qu’il s’abstient de les mécontenter. Il est patent que nous sommes seuls et isolés face à une population que je qualifierais de vindicative. Et oui, la police locale manque totalement de moyens.

Canal ER : Pouvez-vous nous parler des dernières agressions dont vous avez été victime ?

Jean-François : Les dernières agressions... un braquage il y a deux mois. Sans compter la multiplication d’agressions verbales et de menaces pour des motifs souvent futiles.

Canal ER : Dans le secteur d’autres commerces ont-ils fait l’objet d’agressions ?

Jean-François : Oui bien sur. Ça arrive assez souvent.

Canal ER : Y a-t-il une solidarité entre commerçants ?

Jean-François : Non. Je suis le seul commerçant d’origine européenne ici.

Canal ER : Et il y a 5 ans ?

Jean-François : Il y a 5 ans c’était exactement comme maintenant. Les autres commerçants essayent de ne pas trop attirer l’attention ou se mèlent de leurs affaires

Canal ER : Le nombre de commerces a-t-il diminué depuis ?

Jean-François : Non, je suis dans un secteur où le commerce marche plutôt bien.

Canal ER : Pour en finir avec l’environnement, on nous explique que ces braqueurs et autres délinquants sont une minorité, pourtant ils semblent bénéficier de la complicité au moins passive de leurs corréligionaires.

Jean-François : Il ne faut pas se voiler la face : ici, la plupart des familles vivent directement ou indirectement du trafic de stups, du vol, et accessoirement des allocs et sous perfusion de la CAF. Et comme nous avons affaire à une population où leur ethnie est majoritaire, ils se serrent tous les coudes

Canal ER : Bref le contexte est très difficile, pourtant vous avez repoussé un braquage récemment.

Jean-François : Ce n’est pas la première fois. J’en ai repoussé deux jusqu’à présent, mais pas sans dégâts.

Canal ER : Quels types de dégâts ?

Jean-François : Des dégâts financiers. En moins de cinq ans, deux cambriolages, un vol à l’arrachée de ma recette, et trois braquages, et souvent avec une grosse perte d’argent à la clé. Pour l’instant j’ai réussi à éviter des dégâts physiques mais vivre sous pression constante dans l’attente de la prochaine agression est dévastateur pour les nerfs.

Canal ER : C’est clair que vivre dans un environnement hostile doit être usant.

Jean-François : Oui, car il faut être sur ses gardes en permanence.

Canal ER : Pouvez vous nous raconter les dernières agressions ?

Jean-François : La première était en fin de matinée. Deux individus d’origine africaine, très grands, sont entrés armés de machettes dans mon commerce. Ils hurlaient à ma femme "la caisse, la caisse !". Au début j’ai cru à une plaisanterie de la part d’un client puis en en voyant le regard de ma femme j’ai compris que ce n’en était pas une. Je suis alors sorti de mon arrière boutique avec un grand couteau aussi, ce qui les a mis en fuite.

Canal ER : Avaient-ils pu s’emparer de l’objet de leur convoitise avant leur départ ?

Jean-François : Oui, le fond de caisse et ils ont cassé les caisses par la même occasion, ça va très vite. Ils ont pris aussi la recette.

Canal ER : En fuite, quand même des courageux...

Jean-François : En fuite car ils ne devaient pas s’attendre à ma réaction.

Canal ER : C’est une bonne indication, ils sont habitués à arriver en terrain conquis.

Jean-François : Oui, parce que pour eux c’est LEUR quartier, donc leur territoire de chasse où ils doivent supposer être les maîtres incontestés, mais ce genre de point de vue ne m’étonne guère de la part de populations africaines récentes.

Canal ER : Y a-t-il eu des représailles, menaces ensuite ?

Jean-François : Non

Canal ER : La deuxième agression maintenant ?

Jean-François : Il ya juste quelques jours, j’étais en train d’ouvrir et de vider les poubelles. J’ai vu trois silhouettes entrer précipitamment par la porte, ce qui m’a fait reculer. Ils étaient porteurs d’armes à feu, grands, cagoulés, gantés, et...africains, comme d’habitude oserais-je dire. Sur l’instant, je me suis dit qu’ils étaient venus cette fois-ci avec "ce qu’il faut". L’un d’entre eux m’a braqué le canon de son arme en plein devant mon visage et m’a ordonné de me coucher. Je savais que si je lui obéissais, j’en prendrais sans doute "plein la gueule", et puis il n’est pas dans mes habitudes d’obéir à cette sorte de gens et celui qui y arrivera n’est pas encore né ! J’ai donc essayé de temporiser, tout en analysant froidement la situation, et tout en refusant de m’exécuter je suis parti à reculons vers l’arrière boutique,toujours sous la menace de l’arme en plein visage. Celui qui me mettait en joue a dû sans doute être décontenancé par mon attitude, car je vois bien ces gens quand ils se battent entre eux, pour eux la soumission est un but en soi. Finalement jai réussi à entrouvrir la porte de mon bureau, ce qui a fait sortir mon chien. Celui-ci a provoqué un moment de flottement chez mes adversaires et j’en ai profité pour me saisir de mon arme qui était à proximité, et faire feu au jugé pour rompre l’encerclement. Je dois dire aussi que j’aurais pu à un moment porter un coup fatal à mon agresseur (mais je ne dirais pas comment par discrétion) et que je me suis ravisé en sachant que ma femme était aussi menacée par les deux autres. Ensuite ils se sont enfuis aussi vite qu’ils étaient arrivés, sans même chercher à répliquer à mon tir, tellement que je n’ai pas pu tirer une deuxième fois. Voilà toute l’histoire

Canal ER : Une mise en déroute.

Jean-François : Totale, sauf qu’ils ont réussi à s’emparer du sac de ma femme. De toute façon pour moi il n’y a pas d’alternative à la résistance

Canal ER : Pourtant ce type de réaction est rare aujourd’hui.

Jean-François : Je pense, mais je n’imagine pas agir autrement. Se soumettre n’est pas une option pour moi. J’ai déjà vécu en zone de guerre, alors je ne vais pas me laisser faire par ce genre de "bâtons merdeux".

Canal ER : Donc ça peut servir d’exemple à ceux qui demain pourraient être dans une situation similaire.

Jean-François : Je ne sais pas si mon exemple servira à d’autres, mais j’aimerais que dans la vie quotidienne les gens fassent preuve de plus d’esprit de corps et ne se laissent plus faire passivement comme du bétail qu’on amène à l’abattoir.

Canal ER : Vous disposez d’une arme dans votre commerce ?

Jean-François : Oui, plusieurs même.

Canal ER : Autorisées ?

Jean-François : Autorisées. Mais il faut savoir que la définition d’une arme est large : une simple banane utilisée pour blesser quelqu’un (faut pas que la banane soit mûre) peut être une arme "par destination". Comme mon chien aussi par exemple.

Canal ER : Pour l’instant là aussi y a-t-il eu des représailles, des menaces ?

Jean-François : Non, mais ça "rode" dans le quartier, à pied, en scooter. Je ne pense pas que l’arrestation d’un des leurs leur fasse plaisir. Mais je les attends de pied ferme, tout en me demandant sous quelle forme viendra la prochaine agression. Je pense qu’il va falloir de mon coté repenser la "logistique" pour être en mesure de répondre à la prochaine.

Canal ER : En résumé, malgré un environnement hostile, avec de la volonté on peut mettre en fuite des racailles.

Jean-François : Oui, mais il faut être déterminé et conserver son sang-froid.

Canal ER : Quelle a été la réaction des forces de l’ordre et des autorités ?

Jean-François : Très rapide : la voiture de patrouille est arrivée rapidement sur les lieux. Un représentant des autorités administratives s’est même déplacé en personne pour venir nous voir, ce qui me fait plutôt plaisir, et m’a assuré de son soutien. Je dois dire que l’attitude des policiers sur mon secteur est pour 95% d’entre eux très engagée et qu’ils sont aussi très sympathiques. On peut dire aussi qu’ils n’ont pas la vie facile et que nous avons les mêmes "clients" agressifs, teigneux, mal-éduqués, et qui se croient en pays conquis où on leur doit tout. Alors je suis en mesure de comprendre leur travail quotidien, pas facile encore une fois surtout qu’ils manquent cruellement de moyens et d’effectifs. Maintenant je ne m’attends pas à des miracles : si j’apprécie l’attitude de chacun d’entre eux parce que je suis un être humain, je doute que l’action du gouvernement puisse changer quoi que ce soit à la situation actuelle, le mal est plus profond et solidement ancré. Quand on entend par ailleurs le président Sarkozy et ses ministres ou porte-parole déclarer que la situation de l’insécurité s’améliore, on croit rêver ! Ils n’habitent pas dans le même monde que nous, c’est visible ! En gros c’est se foutre de la figure des gens que de prétendre que ça va mieux, je suis témoin bien malgré moi que ça empire tous les mois.

 


samedi 23 juillet 2011, par Canal ER

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