Jeanne de France....

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Le 8 mai, nous irons boire aux sources de l'héroïsme

Écrit par Civitas   

par l'Abbé Beauvais

 


 

Jeanne.jpgSi dans la gloire du ciel, le Cœur de Jésus ne cesse de vivifier l’humanité, le cœur immortel de sainte Jeanne d’Arc, patronne secondaire de la France (1) ne cesse de vivifier le cœur des Français. Il nous a dit en saint Luc : « Tout disciple sera parfait, s’il est comme son maître », une parole qui ne peut mieux s’appliquer à celle que nous fêterons publiquement ce 8 mai prochain, elle, la reproduction fidèle de son Maître.

Ce qui fait la sainteté d’une âme, ce ne sont pas les prodiges, ni les actions extraordinaires, ni les révélations, ni les charismes, tout ceci n’en est le plus souvent que la confirmation et le signe. La sainteté, c’est l’héroïsme des vertus. Cet héroïsme - l’Eglise dit « héroïcité » - est la pratique courante, empressée, courageuse, des vertus chrétiennes ramenées aux vertus théologales de foi, espérance, charité et aux vertus morales cardinales de prudence, force, justice et tempérance (2).

  

Héroïcité de ses vertus

  

Nous voyons tout cela dans la sainte de la patrie.

Sa foi. Entendez Jeanne dire : « Je crois fermement que je n’ai pas défailli en notre foi chrétienne et n’y voudrais défaillir ».

Son espérance. Elle répète sans cesse à ses juges : « Je m’en attends à Notre-Seigneur ». Et devant le bûcher, elle assure : « Avec la grâce de Dieu, je serai ce soir en paradis ».

Sa piété. Elle prie autant qu’elle agit. Engagée dans le temporel, elle vit avec le ciel.

Son amour de Dieu. « Je serais la plus dolente du monde si je savais n’être pas en la grâce de Dieu ». Sa charité ne s’arrête pas à la fuite du péché grave. Elle se confesse très souvent de ses légères défaillances. « On ne saurait trop, disait-elle, nettoyer sa conscience ». Son amour de Dieu s’élèvera aux plus hautes cimes de l’héroïsme.

Son amour du prochain. Elle aimait tout ce qu’un bon chrétien doit aimer. L’Eglise, la France, pouvait-elle les aimer plus qu’elle ne l’a fait ? Les pauvres, les affligés, les blessés, les ennemis eux-mêmes, leur part était belle en son cœur.

Sa justice. Elle est venue rétablir la justice et le droit en France. Elle les révère dans celui qui les incarne : le roi légitime.

Son humilité. Elle résiste à la griserie des honneurs et des succès.

Sa tempérance. Elle jeûne tous les vendredis et mange à peine, même un jour de combat.

Sa chasteté. Le ciel la nomme « la Pucelle » avec tout ce que ce mot peut renfermer de noblesse : la vierge par excellence, et les hommes l’appelleront l’Angélique. Sa pureté rayonnante en imposait aux plus libertins.

Sa force. Qu’elle affronte les dangers de la guerre ou les politiciens et les juges, sa vie n’est pour ainsi dire qu’un acte continu de courage physique et moral dont ce n’est pas assez dire qu’il fut héroïque ; toute la force divine y est éclatante.

C’est ce courage qu’admirait et imitait sainte Thérèse de Lisieux ; les futures patronnes de France étaient bien faites pour s’entendre. Le Père Clérissac résume bien toutes ces vertus en un admirable passage de ses oeuvres :

« La sainteté de Jeanne n’emprunte-t-elle pas toutes les grâces de la nature ? Sa souplesse sous la touche constante de Dieu ne fait pas fléchir sa vitalité ; elle est toute solidité et toute fraîcheur. Elle est toute robustesse et tout charme, elle est toute réserve et tout élan. Elle est toute simplicité et toute indépendance, toute profondeur et tout jaillissement, toute douceur et toute force. Par la fusion et l’unité des dons les plus disparates, Jeanne n’a sans doute pas d’égale dans l’histoire. Elle a ce bon sens surélevé par la foi et sa foi est une participation à la lumière du Verbe. Son courage naturel est surélevé par la charité théologale et cette charité est participation au feu du Saint-esprit. C’est cette union suréminente à Dieu-Trinité qui inspire chaque étape de sa vie, la vie cachée de Domrémy, la vie publique et glorieuse d’Orléans à Reims, et la vie douloureuse de Compiègne à Rouen ».

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