Le Parti de la France se découvre............

Publié le par pdf95

 

Et si Marine Le Pen était attaquée sur sa droite?

Une coalition de petits partis d'extrême-droite envisage de présenter un candidat à l'élection présidentielle. Si cette hypothèse devait se concrétiser, une telle candidature pourrait grignoter de précieuses voix sur l'électorat de Marine Le Pen et, peut-être, la priver de second tour.

 

Carl Lang

Carl Lang estime que Marine Le Pen "ringardise" la droite nationale. (MaxPPP)

Pour Marine Le Pen, l'accès au second tour de la présidentielle de 2012 pourrait se jouer à quelques milliers de voix seulement. Dans de telles circonstances, chaque vote compte et le plus petit candidat peut hériter d'une influence capitale. C'est ce sur quoi compte Carl Lang, dissident du Front national (FN) et dirigeant du Parti de la France. Avec deux autres formations, la Nouvelle droite populaire (NDP) et le Mouvement national républicain (MNR), fondé par Bruno Mégret, le Parti de la France ambitionne d'aligner un candidat en 2012 et souhaite former une coalition en vue des législatives. Et Carl Lang, probable candidat de cette alliance, ne se cache pas de viser directement Marine Le Pen. "La candidature de Marine Le Pen est une imposture et l'objectif de cette union est de refonder la droite nationale", a-t-il confié à Reuters.

Autrefois cadre du Front national, Carl Lang a fondé le Parti de la France en 2009. Il ne mâche pas ses mots à l'égard de la nouvelle patronne du FN. "Par des effets d'annonce, elle est en train de discréditer la droite nationale par ses positions économiques et sociales, par son discours sur la sortie unilatérale de la France de l'euro et par son discours étatiste et laïciste", attaque cet ancien élu du Nord-Pas-de-Calais. "Tout ça, c'est de la démagogie sociale et dans le domaine économique, c'est archaïque. Malgré l'image que ça donne, elle est en train de ringardiser le discours national", tacle-t-il encore.

"Comportement de traîtrise"

Autant de piques qui agacent Steeve Briois, secrétaire général du FN et conseiller municipal à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), joint par leJDD.fr. "Lorsqu’on parle de ringardiser le discours de la droite nationale, je pense qu’il n’y a pas mieux que monsieur Lang", contre l'élu frontiste. Pour lui, pas de doute, la création de cette coalition est directement téléguidée par l'Elysée. "Sarkozy en est réduit à essayer de consolider des groupuscules d’extrême-droite pour faire concurrence à Marine Le Pen", estime Steeve Briois. "L’objectif de Carl Lang, c’est de faire en sorte que le FN ne soit pas au second tour de la présidentielle", assure-t-il encore.

Encore faudrait-il que Carl Lang obtiennent suffisamment de parrainages pour pouvoir se présenter. Quasiment disparu du paysage médiatique, il va pourtant devoir convaincre 500 élus de le soutenir. Carl Lang y croit, estimant son ambition "tout à fait réalisable". Selon lui, comme "le candidat ne portera pas le nom de Le Pen", "les réticences s'exprimeront moins". Steeve Briois, lui, affirme ne pas être inquiété par cette candidature d'union. "Ce comportement de traîtrise n’aura aucun écho, ni auprès des électeurs, ni auprès des maires", martèle-t-il. "Ce qu’il souhaite en réalité, c’est un moyen d’exister financièrement et d'assurer son petit train de vie. Il veut avant tout avoir une coalition aux législatives pour lui permettre d'obtenir un financement public", dénonce Steeve Briois.

Rien ne garantit que la coalition saura convaincre les partisans traditionnels du FN. Mais Carl Lang ne cache pas ses ambitions d'attirer les non-marinistes. "La porte est ouverte à tous les courants", a-t-il affirmé. Les fidèles de Bruno Gollnisch, malmenés lors du congrès de Tours, en janvier, et parfois aigris par la défaite de leur champion, iraient-ils jusqu'à rejoindre le dissident? "Il n’y aucun problème avec les partisans de Bruno Gollnisch", veut croire Steeve Briois, alors même que le grand ménage se poursuit dans les rangs du FN. "Il a toute sa place au Front national et je pense qu’il s’y sent bien aussi. Le congrès a parfois donné lieu à quelques échanges un peu discourtois, des deux côtés. Mais il n’y a plus de pro-Bruno, de pro-Marine, il n’y a que des militants du Front national", assure-t-il. Il n'empêche: ces envies d'alliance à la droite de la droite n'arrangeront pas les affaires de Marine Le Pen.

A.G. (avec Reuters) - leJDD.fr

 

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