Nationalisme...

Publié le par pdf95

Les deux nationalismes 

J’ai été critiqué suite à mon billet d’hier (2e volet sur le nationalisme). Un internaute a commenté en mettant clairement en cause la fin du billet, soit la description du nationalisme en tant que réponse à une peur. J’incorpore cette critique ici car elle apporte un complément au débat.

 

 Image13.jpgCritique

«Pourquoi parlez vous de peur ? Qui a peur ? Vous êtes vous demandé seulement si le nationalisme pouvait avoir une autre signification ? Par exemple le rassemblement autour d'une culture, de traditions, de valeurs morales, de styles de vie ? Pourquoi le nationalisme ne serait-il pas vu sous un aspect positif ? Il n'est pas une colère, terme restrictif, il est beaucoup plus que cela. Il est la défense de certaines valeurs, dont l'histoire montre que tous ne les partagent pas.
On a mis des siècles et fait des guerres pour s'accorder sur ces valeurs. Croyez vous que ce soit le moment de tout bazarder ?»


Et l’auteur de cette intervention termine en disant:

«En fait vous n'êtes qu'un esclave asservi par la mondialisation et l'ultra libéralisme. Un de plus... Vous en vivez, ou c'est simplement pour essayer de raboter la base électorale de Marine Le Pen ?
Vous n'êtes même plus capable de réfléchir objectivement, et c'est triste.
Cessez donc de vous arroger le droit de venir nous faire la leçon.»

D’abord, en ce qui concerne  les dernières lignes, j’essaie justement de réfléchir objectivement sur un sujet qui d’habitude ne récolte que des anathèmes. De plus, libéral, oui, je le suis au sens originel à savoir porteur de liberté et de démocratie. Mais ultra, je ne connais pas. On est libéral ou pas. Les abus que l’on fait du libéralisme ne doivent pas en dénaturer la philosophie de liberté et de démocratie. Quand à faire la leçon, je suis loin d’avoir les connaissances qui me le permettraient, si encore j’étais d’accord avec cette attitude. Bien que mes connaissances soient limitées je prends cependant part aux débats de société. Je ne laisse pas la parole aux spécialistes. Et j’accepte le débat pour y être complété par d’autres points de vue, ou critiqué si la critique est étayée.

Cela dit ce commentateur a raison, le nationalisme n’est pas qu’une idéologie fondée sur la peur et l’agressivité. J’ai fini mon billet d’hier sur les aspects négatifs parce que ce sont ceux que l’on a le plus en mémoire en Europe. J’allais aborder dans celui-ci d’autres aspects qui sont présents dans le débat actuel. Vu cette intervention je développe un peu plus que prévu ma série de billets.

 
Définitions du nationalisme

Je prends la synthèse sur le site Toupie:

«Premier sens : le nationalisme libérateur

Ce nationalisme est une doctrine et une action politique qui visent à l'indépendance d'une nation lorsqu'elle est placée sous une domination étrangère. Le nationalisme peut aussi chercher à défendre une culture opprimée ou niée par un occupant ou dissoute au sein d'un ensemble plus vaste.

Le nationalisme s'appuie alors sur l'unité historique, culturelle, linguistique de la population (Voir Nation). Il est fondé sur le principe d'autodétermination des peuples ("droit des peuples à disposer d'eux-mêmes") avec pour conséquence la souveraineté populaire et l'indépendance de l'État sur un territoire national.


Second sens : le nationalisme dominateur

Au sein d'un Etat-nation existant, le nationalisme "dominateur" est une idéologie politique qui donne la primauté à la nation par rapport à toute autre considération dans les relations internationales.

Ce nationalisme peut trouver son origine dans des peurs provoquées par des dangers extérieurs ou par un ennemi intérieur (xénophobie, antisémitisme). Il conduit alors à un certain isolement et au retour vers le système de valeurs sur lequel est fondée la nation.»



A part les nationalisme extrêmes du 20e siècle en Europe, on peut aussi parler du nationalisme arabe, kurde, de celui vercingetorix.jpgdes anciens pays colonisés. Il y a eu le nationalisme jacobin lors de la révolution française. Ou le nationalisme gaulois face à l’occupant romain!

 On trouve toujours, dans tous nationalisme, un versant politique hostile à l’internationalisme et pour le moins suspicieux à l’égard des étrangers. C’est ce dernier point que ses adversaires qualifient de xénophobie, de haine de l’étranger, ou de racisme. Il faut dire que l’exemple du national-socialisme, pour ne citer que celui-là, justifie cette critique.

Pour le volet culturel la notion d’identité nationale est plus aléatoire. Les bretons, les occitaniens, les savoyards sont certes tous français mais leurs coutumes, leurs fêtes profanes, leurs anciennes appartenances ou influences sont très éloignées les unes des autres.


Une maison commune

Ils sont cependant reliés par une langue, un passeport, des institutions politiques. La religion joue moins qu’avant mais les fêtes religieuses restent des balises collectives.

Le nationalisme n’est donc pas seulement une idéologie guerrière et xénophobe, c’est aussi un désir d’appartenance et de partage de valeurs et d’éléments culturels communs. Le pays, son langage, ses valeurs, c’est la maison commune. La seule maison. Et certains n’acceptent pas que le nationalisme que l’on reconnaît par exemple aux pays arabes, soit dénigré en France. Car il y a dans le sentiment d’appartenance du nationalisme une part légitime comme dans n’importe quel sentiment d’appartenance. Entre ce sentiment d’appartenance et l’ouverture au monde un équilibre doit être réalisé.

J’écrivais hier: «On ne peut envisager le déplacement non régulé de la population d’un pays vers un autre. Plusieurs raisons à cela: les possibilités de logement et de subsistance, les différences de coutumes et de repères.»

Aujourd’hui nombre de personnes vivent mal la cohabitation, pour des raisons objectives ou subjectives. Tel ce commentateur qui laissait ces lignes hier:
 
Refusons la Colonisation«je me trouve en situation malsaine: journellement je constate que des étranger grace à la complicité de double papier: Francais et autre nationalité: ou inverse débarquent en France trouvent un logement et un emploi sans tarder:(avant les résidents FRANCAIS DE SOUCHE. Au chomage ,et sans emploi. Je ne peut plus supporter qu'un personnage me prenne mon emploi et, prétende être double papier et prioritaire!! Situation insupportable et dangereuse menant à l'insécurité civile actuelle... et pour un proche avenir dangereux.»

Si aucun des partis traditionnels ne prend en compte ce sentiment d’exclusion de chez soi ou de perte d’identité qu’expriment nombre de personnes, si personne n’en fait une analyse satisfaisante et n’y apporte une réponse juste, les nationalistes deviennent un recours. Que cela dérange certains n’y change rien.

Ceux qui votent pour les partis nationalistes ne sont de loin pas tous des nostalgiques du IIIe reich! Le nationalisme a pour ambition de rééquilibrer des relations internationales et intérieures jugées déséquilibrées au détriment du pays. Mais les exemples montrent que la tentation guerrière relaie vite les objectifs purement politiques. Certains la justifient par la nécessité de défendre la maison commune et ses valeurs acquises parfois de haute lutte. Ce qui est aujourd'hui ressenti par une partie des européens comme un déséquilibre au détriment des valeurs traditionnelles portera-t-il les nationalismes en avant ou existe-t-il une autre voie?

Source Tribune de Genève

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