Octobre Rouge pour les Lycéens.....

Publié le par pdf95

Besancenot2

La Chienlit Rouge

Depuis une semaine, les lycéens ont fait leur entrée dans le cortège des manifestations. Comme ce fut le cas dans le passé – pour la loi Devaquet ou plus récemment le CPE –, leur mobilisation peut-elle être contribuer faire capoter la réforme ? Et en manifestant sur le thème des retraites, défendent-ils leurs intérêts bien compris, ou sont-ils victimes d’une instrumentalisation ? "Valeurs Actuelles" a interrogé Olivier Vial, délégué général de l’Uni.

Quel regard, et quel jugement, portez-vous sur l'entrée des lycéens dans les manifestations contre la réforme des retraites ? Depuis mercredi 13 octobre 2010, nous avons réellement une opération orchestrée par l’extrême gauche, qui consiste à faire sortir les lycéens dans la rue pour servir de renfort à des mobilisations de salariés qui n’étaient pas arrivées à infléchir la volonté du gouvernement. L’objectif est à la fois de faire du nombre, mais aussi et surtout, de peser plus fortement sur le mouvement par une radicalisation. Nous avons eu des exemples très précis. Vendredi 15 octobre, dans le Gard, des membres du parti communiste sont allés chercher les lycéens. A Nanterre, jeudi 14 octobre, des partisans du NPA ont envoyés des lycéens en mission commando, presque en mission suicide, attaquer l’université de Nanterre, jusqu’à sa sécurité. Bilan : des blessés du côté des agents de sécurité de Nanterre. Ces missions, orchestrées par l’extrême gauche, sont plus que médiatiques. Aujourd’hui le but est de radicaliser le mouvement en mettant, de manière peu courageuse, des jeunes en première ligne.

En quoi l’entrée des jeunes dans les manifestations est-elle importante ? Si les syndicats de salariés “classiques”, et même une partie de la gauche, jouent leur baroud d’honneur, ils savent que cette réforme est nécessaire. Le gouvernement ne peut plus reculer. Mais l’extrême gauche, elle, a décidé de jouer son va-tout. Nous avons vraiment l’impression qu’elle tente de provoquer les forces de l’ordre pour essayer d’obtenir un incident. Olivier Besancenot a appelé, jeudi 14 octobre, à un nouveau mai 68. En réalité, il ne s’agit aucunement d’un mai 68 bis, mais bien plutôt de rejouer un certain décembre 1986. La mort de Malik Oussekine avait alors arrêté nette la réforme de l’université. Nous avons l’impression que les partis d’extrême gauche se disent qu’un martyr serait certainement une des solutions pour, éventuellement, faire reculer le gouvernement, tout du moins, noircir l’image du gouvernement. Tous les ingrédients sont réunis pour arriver à cela depuis mercredi 14 octobre.

Nous assistons à des actions ultra violentes. Vendredi 15 octobre, des lycéens encadrés par des militants d’extrême gauche ont essayé de prendre d’assaut le château de Versailles : cela n’a plus rien avoir avec des revendications sur les retraites ! A Nîmes, cinq voitures ont été brûlées, des policiers ont été blessés par des projectiles et des cailloux. Les lycéens se battent contre des policiers. A chaque fois, on retrouve derrière ces lycéens des militants d’extrême gauche. Ces derniers instrumentalisent des jeunes en espérant aboutir à un drame humain.

Les mobilisations chez les lycéens sont beaucoup plus anarchiques, beaucoup plus violentes, et bien plus radicales. Il s’agit d’un risque réel. Un accident – suite à une attaque des lycéens et une répression des policiers – pourrait affaiblir concrètement le gouvernement, voire même le mettre à terre, comme ce qui s’était passé lors de la réforme Devaquet.

Quel message voulez-vous donner aux lycéens qui manifestent ? Leur retraite, ils la prendront dans cinquante ans ! D’ici-là, il y aura d’autres réformes des retraites. On ne sait pas du tout ce que sera la France dans cinquante ans. C’est donc assez étonnant d’avoir des lycéens qui se mobilisent pour quelque chose de très, très virtuel pour eux !

En réalité, le combat que mènent les lycéens, aujourd’hui, est un combat qui n’est pas le leur. C’est un peu la fable de la cigale et de la fourmi, mais inversée. D’un côté, nous avons une génération de soixante-huitards qui a vécu à crédit pendant des décennies, et qui laisse à la France ainsi qu’aux générations suivantes – et notamment à la génération des lycéens – une ardoise conséquente, avec des dettes, avec des retraites non financées. Et de l’autre, des lycéens, qui continuent de laisser à leurs aînés la possibilité de vivre à crédit, alors qu’il faut absolument que l’on travaille plus. Il est important que cette génération-là travaille jusqu’à 62 ans. Ce n’est pas une honte de travailler plus et de payer une partie de la dette qu’elle laisse à la génération suivante. En manifestant, les lycéens se tirent une balle dans le pied. Propos recueillis par Philippine de Maigret

 

 

Commenter cet article