Peuple et Identité......

Publié le par pdf95


 

metissage-2.gifQu’est-ce qu’un Peuple ? Quelle est la forme moderne de son unité, de son identité ? Qu’est-ce que la Culture ? Toutes ces questions sont importantes et nous ne pouvons les abandonner à ceux qui justement veulent liquider l’Etat-Nation. Dans tous les cas nous devons pouvoir répondre à ces questionnements même si, et c’est le moins que l’on puisse dire, la question du peuple, ou de la Nation, du Volk n’a pas bonne presse dans le monde intellectuel et dans celui de la culture.
C’est dangereux, va-t-on nous dire, de s’inscrire dans un vocabulaire qui utilise l’identitaire et le risque de se voir stigmatisé et disqualifié est grand. Pour autant c’est surtout dangereux de se taire et de ne penser nos idées que de manière timide, évasive. Les gauchistes comme ces parasites que l’on donne pour être de Droite, s’emparent de ces thèmes de peuple, de nation et de patrie. Mais ce n’est que pour mieux ruiner ces approches qui finalement sont les seules à unir les hommes.
Toni Negri, que beaucoup d’intellectuels gauchistes présentent comme le penseur deleuzien de l’altermondialisme avait écrit un article à propos du référendum pour la constitution européenne intitulé "Oui, pour faire disparaître cette merde de l’Etat-Nation".
Nous devons impérativement mesurer ce que les libéraux et ceux qui cherchent d’autres cheminements à la mondialisation veulent réaliser. Dans tous les cas, nous ne pouvons continuer à fuir nos responsabilités car toute forme de désertion, d’abandon de nos précieux concepts, constitue le meilleur moyen accordé à nos ennemis de réaliser leur œuvre si contraire à nos intérêts propres.
Nous devons donc nous inscrire dans une lutte politique radicale car c’est le plus sûr moyen d’assurer la victoire à terme de ce que l’on combat et de lutter contre la montée des pensées philosophiques assassines de notre incontournable mémoire culturelle européenne.
Aussi, tandis que les Etats-nations se plient de plus en plus aux nécessités autoproclamées d’une économie à vocation planétaire sans réagir, il convient bien de savoir si nous sommes les partisans, et donc les défenseurs, d’une identité nationale fixée une fois pour toutes ou une nouvelle formulation de la citoyenneté constituée en une multiplicité en voie de dispersion mondiale.
La question est donc de savoir à quoi et où se tient le peuple.
L’interrogation qui est nôtre, à partir du principe que le peuple et la communauté nationale est le concept central du politique, invalide les problématiques de la haute-finance apatride. L’Etat et la société civile ne sont pas solubles dans le libéralisme ou le socialisme vu à la mode océanique.
Dès lors qu’est-ce qu’appartenir à un peuple, être français ou allemand … ? Que signifie ce sentiment d’appartenance ? Ces questions sont-elles dépassées ?
Aussi au moment où les débats sur l’identité se multiplient de part et d’autre de l’Europe, parce que l’on nous somme de choisir entre l’attachement patriotique et le métissage, exclusif et autoritaire, source de bien des confusions et d’un relativisme culturel intégral par rapport à notre propre passé, il convient de prendre parti.
C’est donc sans doute dangereux mais nous devons mesurer que ne pas le faire c’est accepter de revenir sur les mœurs ancestrales de nos patries, c’est accepter de voir des élites politiques vendues à l’étranger légiférer sur la consommation des alcools, du tabac, de juger du caractère hygiénique de certaines nourritures, pain, fromages, de juger de l’éducation donnée à nos enfants… Car en revenant sur l’idée d’appartenance à un peuple pour autoriser des peuples à se vivre librement chez nous comme chez eux, nous livrons la nation à la décomposition puisque formalisant la différence. La montée de ce que nous appelons l’individualisme comme le renforcement des particularismes et communautarismes, en partie corrélat de la mondialisation, renforce l’atomisation en petits corps particuliers et rivaux la "communauté nationale" héritée.
Et ces questions, aujourd’hui, avec la mondialisation et le nomadisme généralisé, sont devenues d’une importance capitale.
Elles le sont d’autant plus que l’on se pose la question de savoir si nous avons encore le droit de nous demander si nous sommes réellement capables d’entendre les grandes voix du passé ?
Souvent, on en est presque à se culpabiliser d’être génétiquement homogène tant les figures de la citoyenneté proposent une France, une Europe en voie de déculturation.
Percevons bien que la pègre intellectuelle moderne continue à nous entraîner dans une démesure globale suicidaire et que ne sachant plus où trouver notre propre et juste place dans une culture ordonnée, nous allons nous perdre. Effectivement nombre d’intellectuels cherchent à redéfinir ce qu’est la culture et nombre de réflexions veulent une certaine "transmutation" de ce que nous étions et exclusivement engendre une pensée cosmopolite qui ruine nos enracinements anciens.
Or l’important pour nous est de penser justement la culture et on ne peut accepter une assimilation plus ou moins forcée de notre patrimoine à des valeurs étrangères.
L’ivresse du "métissage" est aujourd’hui telle qu’on en vient à se demander ce que cache cette frénésie de mixages ? Se peut-il que les "modernes" veulent s’inspirer du fameux "Point Omega" cher à Teilhard de Chardin ?
Nous ne le pensons pas. Et même si finalement ce sentiment reste du domaine du possible.
Disons plutôt que le mélange des genres comme celui des cultures veut obéir au système marchand et que le pouvoir économique cherche à engendrer une nouvelle "identité" humaine. C’est pour cela que tous veulent escamoter une foule de différences qui justement fabrique des images, des repères qui rassurent les hommes d’une même communauté. Disons que la mémoire d’un peuple fonde sa force et sa volonté car pour l’homme d’action, pour le nationaliste révolutionnaire, à la différence de l’homme aux impulsions globalisantes, a besoin de croire que "la grandeur a jadis été possible, et sera donc sans doute possible à nouveau".
Fabriquer des images nouvelles. Voilà le dessein assassin des libéraux. Tous veulent ruiner la volonté et tous veulent affaiblir l’idée, la force de ce qui anime la résistance des peuples à refuser la mort de leurs idées. C’est aussi pour cela, et en cela, que le nouvel ordre mondial nous impose la "tyrannie de la pénitence" et veut nous interdire une nouvelle histoire monumentale pour l’Europe. Bref toute la Sainte alliance libérale et océanique cherche à ruiner notre vérité et dès lors les mémoires doivent s’effacer.
Pour se faire, pour chaque peuple, les nouvelles lois mémorielles rendent impossible la mémoire qui permet aux hommes de se narrer, de se particulariser et donc d’être.
C’est un peu comme si les lois du marché commanditaient la déculturation du monde. Un monde dans lequel un seul et unique "village planétaire" serait uniquement ravitaillé par les mêmes commerçants et obéirait aux mêmes idées.
On sait très bien que des lois interdisent de tenir de nouveaux discours à l’égard de certains domaines du passé, même à démarche scientifique. La première loi a concerné la Shoah et visait à sanctionner les discours qui relativisaient la souffrance d’un peuple. Ce que l’on sait moins, c’est qu’en mai 2001 la loi Taubira veut intimider les historiens sur la traite négrière.
Ces lois mémorielles veulent surtout empêcher des recherches historiques nouvelles et contreviennent à la liberté de penser en instituant une sorte de censure intellectuelle. Ces points méritent d’être observés.
Dans le même temps, nous devons nous poser d’autres questions. Et si le métissage en question n’avait d’autres objectifs que d’araser les différences culturelles par trop flagrantes au profit d’une norme consensuelle alignée sur celle de l’Américain moyen, mais rehaussée d’un zeste d’exotisme indifféremment asiatique ou africain ?
Aussi peut-on penser un peuple sans un "corps" particulier qui le territorialise ou l’enracine ? Et doit-on penser le peuple comme multitude ?
Dans tous les cas, les mondialistes veulent bousculer la reconnaissance que se font les hommes des territoires, des mentalités, des cultures. Ils cherchent à nous présenter comme un cadeau la diversité et veulent faire fructifier les placements financiers.
La Grèce, à ce titre, reste un laboratoire social et les nationalistes devraient s’inspirer de ce qui se produit au sein de cette nation car c’est l’avènement de l’ultra-libéralisme qui fait ses armes à l’ombre du Parthénon.
Néanmoins, rien n’autorise les mondialistes à penser ainsi notre monde et c’est rassemblés en faisceaux que nous devons agir contre le nomadisme culturel qui ruine les filiations traditionnelles européennes. Osons une fois pour toutes affirmer que ce ne sont ni les Chinois, ni les Africains, ni quelque autre ethnie qui commandent à nos destinées.
Notre héritage n’est nullement en eux. Il nous est donc possible de prendre un certain recul historique avec ces pensées qui tendent à nous orienter vers une certaine complémentarité culturelle et ainsi repenser les origines que nous voulons défendre.
Aussi, quelle culture bâtir à l’avenir ? Et surtout quelle provocation stimulante permettra à nos compatriotes de s’armer pour défendre cette approche … ?
Aujourd’hui, il suffit des discours irresponsables qui veulent instituer un droit global à juger de ce qui est bon de vivre et de reproduire en France aujourd’hui. Nous sommes les Héritiers légitime du pays de France, "entité territoriale" qui nous a été attribué par l’Histoire, ce qui doit être considéré comme le premier moteur de la transmission. Charles Maurras et Maurice Barrès pensaient que la nation reposait sur les tombeaux des ancêtres. Cette idée n’est pas éloignée de ce que nous pensons puisque la France, et plus largement l’Europe, reposent sur les cadavres de nos aînés. La terre a été défigurée par les guerres fratricides et c’est aussi cette souffrance qui fonde l’Occident. C’est un tel raisonnement qui subordonne implicitement la culture à la civilisation.
Quelque chose s’est passé et il apparaît que désormais plus personne ne sait réellement répondre à cette interrogation. Il est vrai qu’"accès" et "connexion" sont en peu de temps devenus les maîtres mots de la "culture" et que, cherchant à écourter les distances, les hommes en sont aussi à oublier le rapport aux affinités. Les moyens actuels de reproduction et de diffusion de la pensée sont à ce point dangereux que les sentiments patriotiques ne savent plus se mettre à la portée de la communauté ; chacun se rêvant "citoyen du monde" et utilisant le sentiment exclusif d’un patrimoine mondial de l’humanité.
Quelque chose s’est passé et nous vivons à l’épreuve de ce que la philosophie du multiple, de la différence qui fonde le refus qu’un peuple puisse être dans une autre perspective identitaire que celle qui s’impose. Le métissage, car là est la question essentielle, est la problématique majeure. Problématique pour le sang mais aussi pour la culture.
Et puisque la politique en tant que volonté de puissance est un facteur de survie, l’engagement est plus que jamais nécessaire.

Hugues DALMAS

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