Aveugles.....

Aveuglements sur le risque totalitaire

L'Europe n'est pas à l'abri d'un risque totalitaire, d'autant qu'il est multiple. En effet, il n'est pas seulement le fait d'un réveil, ici et là, de partis néonationalistes et xénophobes. Edgar Morin remarque, ce lundi dans La Tribune, que ceux-là sont "à peu près au même stade que le parti hitlérien avant la crise de 1929", mais que "cela ne veut pas dire qu'ils ne pourraient pas représenter 30% dans des circonstances catastrophiques". Cette éventualité serait aisément évitable si les grands partis démocratiques cessaient de mépriser les peurs des gens confrontés à une mondialisation agressive et indifférente aux cultures et aux modes de vie. De plus, Morin oublie ce deuxième totalitarisme en vogue à l'extrême-gauche, qui redécouvre les charmes du communisme et de la collectivisation. Pour ces nouveaux staliniens, la société libérale est leur ennemi. Ils sont d'ailleurs prêts à toutes les alliances avec ce troisième totalitarisme, également occulté par Morin, qu'est  l'islamo-fascisme, idéologie régressive et sexiste, antijuive et antichrétienne, qui a déclaré la guerre aux démocraties occidentales et singulièrement aux Etats-Unis.

A l'heure où j'écris ces lignes, la responsabilité de l'attentat manqué de New-York (une voiture piégée stationnée samedi après-midi à Times Square, et dont le dispositif de mise à feu n'a pas fonctionné) n'est pas encore acquise, même si la piste fondamentaliste fait partie des hypothèses retenues. Pour autant, le New York Times a publié, le 25 avril, un article de Ross Douthat qui, de mon point de vue, analyse parfaitement les méthodes d'intimidation du totalitarisme islamique et, plus grave encore, les allégeances qu'il suscite au cœur même de la plus grande démocratie du monde. L'affaire, en deux mots: Comedy Central a renoncé ces jours-ci à faire apparaître Mahomet dans un épisode de South Park, série connue depuis quatorze ans pour ses dérisions, après la menace de mort proférée par un américain converti à l'islam contre les auteurs de la série, Parker et Stone. Depuis, toutes les références au prophète ont été supprimées.

Voici ce qu'écrit l'auteur de l'article : "(...) Le musellement de South Park n'est pas moins inquiétant que tout autre exemple de lâcheté des institutions occidentales devant la menace de la violence islamiste (...) Mais l'exemple de South Park (....) nous rappelle que l'islam est le seul endroit où nous mettons encore des limites. (...) Là, les normes à suivre sont posées sous la menace de la violence et acceptées dans un mélange d'instinct  de préservation et d'autodénigrement. (...). Heureusement, les apprentis totalitaires sont probablement trop marginaux pour tirer tout le parti de la situation. Nous ne sommes pas à Weimar en Allemagne et la frange de l'islam radical est encore suffisamment marginale pour ne pas être une menace existentielle. De cela nous devrions être reconnaissants. Parce que si une frange violente est capable de nous inspirer autant de lâcheté et d'autocensure, cela veut dire que nos institutions sont suffisamment pourries pour qu'un ennemi plus puissant en vienne à bout".

Cette menace-là, la France la connaît également. Le philosophe Robert Redeker en sait quelque chose, qui vit sous protection policière depuis 2006 pour avoir critiqué Mahomet dans un article paru dans Le Figaro. Or ce risque totalitaire, qui instrumentalise les violences et les menaces, n'est que très rarement analysé, de peur de "stigmatiser l'islam". Même le nazislamisme iranien, contre qui se battent si courageusement les nombreux démocrates de ce pays musulman, ne suffit pas à éveiller les consciences. Or cet aveuglement volontaire est, en France aussi, le meilleur allié des "apprentis totalitaires" dénoncés par mon confrère du New York Times.

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